Histoire

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Littéralement, le terme Karaté signifie « main vide » Kara: vide et Te: main. C’est donc dire qu’il s’agit d’une méthode de combat sans arme, utilisant de façon rationnelle les armes naturelles du corps humain et par extension, absence de mauvaises intentions.

Le Karaté peut être abordé comme un art, un sport ou un moyen de défense extrêmement efficace. Mais il ne faut pas oublier que le but ultime du Karaté ne réside ni dans la victoire ni dans la défaite mais dans l’épanouissement de la personnalité, une harmonie entre l’esprit et le corps.

Le Karaté puise ses sources géographiques aux confins de l’Inde et de la Chine. Il fait partie des arts Martiaux que l’on nomme WU–SHU (art de la guerre) en Chine ou BUDO (voie du combat ou de l’harmonie) au Japon.


La naissance du karaté

En 495, l’Empereur de Chine fonde le temple Bouddhiste de SHAOLIN (monastère de la jeune forêt). Les moines désireux de compenser les longues heures de méditation par des exercices physiques, mais aussi de se défendre contre les bandits infestant la région, bénéficient de l’enseignement d’un maître indien nommé « BODHIDARMA » (DARUMA en japonais). Bodhidharma incorpora des techniques de corps à corps, combats inspirés des luttes animales, dans de longues séances de méditation Zen pour préparer et renforcer le corps. La technique de cette « boxe » de Shaolin était basée sur les attitudes de cinq animaux: le dragon, le tigre, le léopard, la grue et le serpent. Grâce aux moines, cette discipline que l’on nommera Kung-Fu ou Kempo au Japon, va se propager dans toute l’Asie en même temps que s’y développe le Bouddhisme.


L’histoire du Karaté proprement dite commence dans l’archipel des Ryu-Kyu et plus précisément à Okinawa, la plus grande des îles (480 km du Japon et 740 km de la Chine).

En 1372, le roi d’Okinawa, Satto, fait allégeance à l’empereur de Chine et, dès lors, s’établissent de durables et importantes relations commerciales et culturelles qui permettront à l’art chinois du Kung-Fu de s’introduire dans l’île. L’interdiction de porter des armes sur l’île explique le développement des techniques de combat à mains nues. Débarrassé de l’aspect méditatif initial, cet art devient pour les habitants un art guerrier extrêmement violent et efficace axé sur le durcissement des armes naturelles du corps. Nommé TOTE « la main du continent » par référence à la Chine ou Okinawa–Te « la main d’Okinawa » cet art utilise essentiellement les techniques de mains, ouvertes la plupart du temps. Trois tendances principales, mères des styles de notre actuel Karaté coexistent alors, portant le nom de 3 villes : NAHA, SHURI et TOMARI.


Le NAHA–TE (ou SHOREÏ–RYU) insiste d’avantage sur la puissance, les déplacements courts, les coups de pieds bas, la stabilité, la respiration ventrale et la concentration. On reconnaît l’influence de cette école dans les Kata SEISHAN ou HANGETSU.

Le SHURI–TE (ou SHORIN–RYU) (shorin signifie aussi shaolin) est plutôt basé sur les esquives, la rapidité d’exécution, la respiration naturelle, les déplacements légers et souples. Il est à la base des Kata comme KUSHANKU et les futurs PINAN.

Le TOMARI–TE que seul les puristes distinguent car proche de la précédente, nous a laissé le Kata BASAÏ (« traverser la forteresse », briser un encerclement).



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Okinawa – Japon

En 1868, le Japon s’ouvre à l’occident et pour se lancer dans un effort d’industrialisation. La fin de la vieille organisation SHOGUNALE annonce aussi la fin du Karaté « féodal » enseigné dans le plus grand secret. En 1875, l’occupation de l’île par le clan Samouraï des SATSUMA prend fin : Okinawa devient une grande préfecture japonaise, calme.

Au début du XXème siècle, le destin de l’Okinawa–Te est pris en charge par un expert du Shuri–Te, ANKO ITOSU, qui l’introduit dans les écoles et crée, à cette date, les KATA PINAN. Jugeant les Kata comme Naihanshi (se dit aussi Naifanshi ) et Kushanku trop complexes, Itosu Anko élabora un programme qui déboucha sur la création des Kata Pinan à partir de Kushanku, scinda Naihanshi en trois Kata. Il considéra cela comme moyen d’apprentissage plus abordable de l’Okinawa-Té pour des enfants du primaire. Il fit fermer les poings pour éviter les blessures et le Toté ou Okinawa-Té, prendra le nom de Karaté.


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Un de ses disciples, GICHIN FUNAKOSHI, fait en 1916 à Kyoto et en 1922 à Tokyo, des démonstrations publiques qui obtiennent un vif succès. Jigoro Kano, fondateur du judo, aurait été enthousiasmé. Son art étant pour lui un chemin vers la recherche de la perfection humaine, il y ajoutera le suffixe très japonais de « Do» qui signifie la voie. Maîtrise du corps et de l’esprit sont indissociablement liées et c’est également l’influence japonaise qui est à l’origine du Karaté–Gi ou Kimono.

Funakoshi Gichin nommera son Dojo « Shôtôkan », ce nom sera associé par la suite au style.